Les activités du CIPh

06/04/2018

Le Collège International de Philosophie (CIPh), composante de l'UPL, organise plusieurs conférences, séminaires, colloques, journées d'études, forums et débats dans les mois à venir.

Attention : il faut s'inscrire pour les différentes manifestations. Pour connaître les modalités d'inscription, merci de cliquer pour chaque événement sur le lien 'En savoir plus'. 

seminaire : Pierre Arnaux et agnès gayraud - musiques électriques et sound studies : l'esthétique en question

Les sound studies, par-delà la multiplicité de leurs champs et objets de recherche, ont mis à mal l’idée selon laquelle l’écoute musicale constitue un régime d’audition autonome, coupé d’un environnement sonore et de pratiques d’écoute historiquement déterminés. En insistant sur l’enracinement culturel, social et historique des phénomènes sonores et de leur perception, sur leur dimension politique, c’est également une certaine esthétique musicale, dogmatique et normative, qu’elles ont irrévocablement disqualifiée.
Cela ne signifie pourtant pas que soit condamnée toute forme d’esthétique – ni, à plus forte raison, cette esthétique nouvelle que réclament les musiques électriques.
En effet, les concepts et méthodes des sound studies sont sans doute mieux à même de servir une réelle compréhension de ces musiques nées au XXe siècle que ne le font les approches s’inspirant exclusivement de la musicologie classique ou du champ de la musique acousmatique. Car, plus que toute autre, les musiques électriques portent la marque des paysages et des espaces sonores de leur époque, tout autant qu’elles les travaillent et les bouleversent ; nulle part la technologie n’y paraît aussi influente, de la guitare électrique au vocoder, sans pour autant être décisive, appelant ainsi une approche nuancée et critique des rapports entre techniques, pratiques et productions sonores ; rarement l’analyse des représentations littéraires qui les accompagnent n’y paraît si pertinente, contribuant à construire modes d’écoutes et formes de vie ; jamais enfin n’a été si essentielle une approche écologique et historique de l’écoute, qui, seule, pourrait dire le sens de ces musiques pour notre audition et leur effet sur notre expérience.
Dès lors, une esthétique renouvelée des musiques électriques, si elle veut rester fidèle à son objet, se doit d’ouvrir un dialogue constructif avec les sound studies, auxquelles elle pourra, en retour, proposer de nouvelles perspectives pour un travail commun.

En savoir plus et inscriptions

Dates, heures et lieux : jeudi 12 avril 2018, 18h30-20h30 à la Cité de la Musique; vendredi 18 mai 2018 au MESR; lundi 11 juin 2018 au MESR

Lieux : Cité de la Musique, 221 rue Jean Jaurès, 75019 Paris / Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, 25 rue de la Montagne Geneviève, 75005 Paris / Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris 

SÉMINAIRE : bernard aspe - paradigmes de la division politique (ii). Dialectique et violence

Séminaire organisé avec le soutien de l'université Paris 8

Nous allons nous recentrer cette année sur le rapport entre la politique et la guerre, en tant que celle-ci n’est pas le moteur caché de la politique, qui rendrait compte de son existence en en délivrant le secret (c’est le paradigme dans son usage « platonicien »). Mais la politique et la guerre ne sont pas davantage dans un rapport d’analogie, ce qui supposerait qu’elles constituent des champs ou des domaines distincts. Entre les deux, il y a bien une intersection ; mais la politique n’existe que là où elle conjure son identification à la guerre (c’est pourquoi il n’y a pas non plus entre elles pure et simple continuation ou homogénéité). Lorsque la politique est intégralement absorbée dans la guerre (que celle-ci soit ouverte ou cachée), alors elle disparaît. Si, à l’inverse, elle forclot sa dimension guerrière – d’affrontement, de stratégie et de tactique –, alors elle s’éclipse aussi.
Au cœur de la guerre, mais aussi de son intersection avec la politique et de sa conjuration par la politique, il y a la violence. Celle-ci est longtemps apparue comme ce qui ne pouvait ou ne devait pas être pensé. Aux temps de la dialectique spéculative déployée par Hegel et Marx, elle semble être devenue objet de pensée au titre de « travail du négatif ». Il nous faudra donc tout d’abord revenir sur ce que peut signifier « dialectique » dans le travail de la division politique. Il n’est pas sûr que ce travail soit celui du « négatif ». Il n’est pas sûr non plus que la dialectique de Hegel et Marx ait réussi à faire de la violence un objet de pensée. Mais il se pourrait que la pensabilité de la division politique, et de la violence qui s’inscrit en elle, requière bel et bien une réélaboration de la notion même de « dialectique » – et donc un dialogue avec celles et ceux qui reprennent cette tentative aujourd’hui.

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Dates et heure : mardi 15 mai et mardi 29 mai 2018, 18h30-20h30 

Lieu : La Parole Errante, 9 rue François Debergue, 93100 Montreuil

SÉMINAIRE : christophe béal - émotions et justice

Les émotions sont le plus souvent conçues comme des phénomènes qui altèrent l’impartialité du jugement, parasitent la délibération, interfèrent avec l’interprétation des normes juridiques et qui, en conséquence, devraient être expulsées en dehors du cadre judiciaire. Cependant, les juges peuvent être amenés à appréhender les affects dans une perspective normative, par exemple, lorsqu’il s’agit de se prononcer sur la responsabilité d’une personne ayant commis une infraction ou d’évaluer les préjudices subis par des victimes. La justice focalise incontestablement tout un ensemble d’émotions, celles des personnes directement concernées par l’infraction mais aussi des sentiments disséminés dans le corps social et qui trouvent une résonance dans l’institution pénale. La peine, comme l’affirme Durkheim, est une « réaction passionnelle », elle présente une dimension expressive et affective. Mais comment les émotions sont-elles perçues et interprétées par la justice ? Dans quelle mesure interviennent-elles dans la procédure judiciaire ? D’un côté, on a des raisons de penser que la colère, le dégoût, la haine ou le mépris n’ont guère leur place au sein de la sphère judiciaire, mais, d’un autre côté, certains modèles de justice restaurative insistent sur le rôle déterminant des affects, et notamment de la « honte réintégrative », dans la résolution des conflits. Les débats récents autour de la honte, des shame penalties ou sur les discours de haine révèlent toute la difficulté à intégrer les émotions dans une théorie de la justice. S’il convient de dépasser l’opposition entre les passions et la rationalité du droit, il faut se demander si les émotions ne présentent pas des vertus permettant de parvenir à des décisions plus justes et à une autre manière de rendre justice. Partant des travaux de Martha Nussbaum mais aussi des recherches contemporaines sur la valeur éthique des émotions, ce séminaire a pour objectif d’engager une réflexion sur la place et la fonction des affects dans l’ordre juridique.

En savoir plus et inscriptions

Dates et heure : jeudi 3 mai 2018 et jeudi 24 mai 2018, 18h30-20h30 

Lieu : Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris  

SÉMINAIRE : valérie gérard - "la politique" et les liens - virginia woolf et la sensibilité politique

Dans Mrs Dalloway, d’une femme incarnant une manière masculine, professionnelle, dominatrice et militaire, de faire de la politique, Virginia Woolf écrit : 
« Lady Bruton avait la réputation de préférer la politique aux gens. » 
Et, à propos de Clarissa Dalloway (avant sa rencontre avec Sally) : 
« Elle ignorait tout du sexe, tout des problèmes sociaux. » 
Deux rapports à la politique sont en jeu. D’un côté, un intérêt politique qui s’accompagne d’un désintérêt pour les gens (et d’un attachement fanatique aux idées, d’une folie de la raison). De l’autre, une ignorance politique liée à une ignorance érotique (et la rencontre de Sally, et la vitalité sexuelle, amoureuse, amicale, disposera Clarissa à être affectée par le monde, à désirer s’y engager).
D’un côté, la politique au détriment des gens ; de l’autre, une sensibilité aux autres politisante, jusqu'à une sensibilité aux liens qui est politique. 
Cette tension du texte indique un problème : celui du rapport entre la sensibilité politique et les liens. C'est aussi la question de l’ancrage affectif et érotique du sens politique. Où « sens » politique est à entendre comme sensibilité, voire comme sensualité, politique – une sensualité qui semble pour Woolf inséparable de la sensibilité poétique au mouvement de la vie et aux livres. Il faut ajouter que la sensibilité – vitale – aux autres, signe et source de capacité à être affecté, est attribuée à des personnages dont les identités, les désirs, les pratiques sexuelles débordent les cadres hétérosexuels et conjugaux. 
C’est en suivant le déploiement de cette question dans les textes romanesques de Virginia Woolf, et avant tout dans Mrs Dalloway, qu’on réfléchira cette année à ces oppositions politiques : la raison et la sensibilité, les idées et les gens, les formes, ou les normes, et la vie, « la politique » et les liens (politiques). 

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Dates et heure : vendredi 18 mai, vendredi 8 juin et vendredi 22 juin 2018, 19h-21h

Lieu : Le lieu sera précisé quelques jours avant chaque séance, sur le site du CIPh

SÉMINAIRE : massimiliano nicoli, luca paltrinieri et muriel prévot-carpentier : penser le travail après l'entreprise : économie, droit, subjectivités

Nous nous attacherons cette année aux transformations contemporaines de cette forme spécifique des relations entre capital, travail et subjectivité que nous avons appelée, au cours des années précédentes de notre séminaire, la « forme entreprise ». La question centrale de notre séminaire sera la suivante : si Weber pouvait dire qu’« il y a capitalisme, là où les besoins d’un groupe humain qui sont couverts économiquement par des activités professionnelles le sont par la voie de l’entreprise », l’économie de « plateformes digitales » répond-elle encore aux critères d'une économie capitaliste fondée sur l'entreprise comme noyau minimal de production de biens et de services ? Non seulement, en transformant le rapport au travail et en ouvrant de nouvelles formes de coopération, les plateformes digitales modifient les rôles traditionnels des acteurs de secteurs d’activités traditionnels, mais encore elles se présentent comme des étranges hybrides entre entreprise et marché (Casilli). Plus généralement, il y a quelques raisons de penser que les nouvelles formes de travail et de création de valeur représentent un dépassement d’une série de distinctions qui structuraient l'imaginaire libéral sur lequel s’est constitué le capitalisme : la distinction entre espace public et privé, vie personnelle et professionnelle, consommation et production, production et reproduction. Cette transformation des formes du travail et de l’emploi, est-elle celle de l’activité ou revient-on à des formes anciennes d’exploitation de la main d’œuvre ? Quels nouveaux risques socio-professionnels peut-on discerner dans un contexte de porosité entre les temps de travail et de vie et l’effritement plus général du salariat ? Faut-il penser, que, à travers ces transformations de la condition des travailleurs, la vie elle-même est-elle intégralement « mise au travail » (Fumagalli) ? Et quelle serait, dans ce nouveau contexte, la place pour des oppositions conceptuelles qui structuraient l’approche traditionnelle de la philosophie politique sur la question du travail (praxis/poiésis, homo faber/animal laborans) ? Comme les années précédentes, nous questionnerons la philosophie du travail à partir du regard des sciences sociales, en particulier l’économie et la sociologie.

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Dates et heure : lundi 9 avril, lundi 14 mai, lundi 28 mai, lundi 11 juin, lundi 25 juin, 18h-20h

Lieu : CNRS Pouchet, 59-61 rue Pouchet, 75017 Paris 

SÉMINAIRE : Jérôme rosanvallon - actualité de deleuze & guattari

Séminaire organisé avec le soutien de l'Université Paris Nanterre

L’actualité de la philosophie que Gilles Deleuze et Félix Guattari ont élaborée depuis L’Anti-Œdipe (1972) jusqu’à Qu’est-ce que la philosophie ? (1991) est aujourd’hui plus brûlante que jamais. De la métaphysique pure à la géopolitique contemporaine, en passant par toutes les sciences ou presque, il n’est aucun domaine de réalité dont ils n’ont su ressaisir les principales révolutions passées et anticiper celles advenues depuis ou encore à venir. Mettre en lumière l’avance, partout persistante, des deux auteurs est l’objet précis de ce séminaire. 
Après avoir, l’an dernier, dégagé le problème fondamental qui sous-tend toute leur philosophie, celui de l’immanence absolue, sous son triple aspect statique, dynamique et gnoséologique, nous aurons pour tâche cette année de traverser l’un de ces domaines, celui qui constitue la matière même de l’être, autrement dit tout ce dont se compose fondamentalement la Nature. Ce domaine est l’objet de la physique, fondamentale et appliquée, qu’elle constitue rigoureusement et utilise efficacement par son langage mathématique et sa démarche expérimentale. Il est aussi ce dont une philosophie de la Nature doit rendre non moins fidèlement compte par son langage conceptuel et sa démarche problématique, c’est-à-dire par les expériences de pensée qu’ouvrent les problèmes qui s’imposent à elle. La physique contemporaine, mise en demeure d’unifier la mécanique quantique et la relativité générale, c’est-à-dire d’élaborer une théorie quantique de la gravité, et la philosophie contemporaine de la Nature, mise en demeure de porter l’immanence à l’absolu sans jamais la violer, se trouvent ainsi confrontées à un même problème de genèse : les constituants jusque-là considérés comme les plus fondamentaux de la réalité, non seulement la matière classique et quantique, mais l’univers qui la contient et finalement le continuum espace-temps lui-même, apparaissent comme engendrés à partir d’une réalité encore plus profonde qu’eux. La cosmologie du siècle précédent, issue de la relativité générale, devient ainsi nécessairement aujourd’hui une cosmogenèse.
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Dates et heure : mercredi 2 mai et mercredi 13 juin 2018, 19h00-21h00

Lieux : Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris / Université Paris Nanterre (salle à préciser) 

forum : d'un seuil à l'autre

Forum organisé avec Erasmus Expertise, et avec le soutien du Colegio de España.

Il y a une infinité de manières d’aborder les seuils et l’on n’en a jamais fini d’en trouver de nouveaux, ni d’en traverser. Pluralité d’attitudes : les reconnaître, les respecter, les franchir, aller plus avant ou encore s’y tenir. Pluralité de statuts : politiques, juridiques, sociaux, etc. Pluralité et complexité des enjeux : questions de l’exil, des migrations, des mobilités…. Il faut en outre penser les seuils en connexion avec les notions de frontière, limite, passage, ouverture, clôture, au sein de terrains d’expérimentations variés, dans leur géographie spécifique, leur appartenance scientifique ou contextuelle particulière, etc. Pluralité des approches théoriques, des descriptions, des formalisations, des figurations « poétiques », de récits, etc. Un tel rapprochement interdisciplinaire semble propice et nécessaire à éclairer l’idée même – peut-être une loi – de seuil, découvrant peu à peu ce qu’elle suppose et sur quoi elle repose. De l’« espace du seuil » nous sommes renvoyés à un « espace-temps mémorial » (Desanti) que nos catégories et concepts ordinaires peinent à appréhender, mais où la rencontre de l’autre comme « corps parlant » vaut à la fois comme promesse et enjeu ; comme justification du thème et comme règle de méthode. 
Le support de cette rencontre est fourni par l’ouvrage collectif publié récemment sous le titre D’un seuil à l’autre, Approches plurielles, rencontres, témoignages (aux Éditions des Archives Contemporaines, 2017) dont il s’agira de développer le potentiel interdisciplinaire en l’augmentant de contributions nouvelles. Par une telle alternance d’écritures plurielles et de rencontres, se nourrissant l’une l’autre, il s'agira aussi de poursuivre l’expérience d’un autre prototype de « livre ouvert » (alliant les potentialités du numérique et de l’édition contemporaine) ; puisqu’il s’agit à terme de le réécrire, d’en changer la composition, d’en déplacer les lignes et les jalons théoriques et pratiques. 

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Dates et heure : jeudi 17 mai 2018, 14h00-19h00 

Lieu : Colegio d'Espana, Cité Internationale Universitaire de Paris, 7E Boulevard Jourdan, 75014 Paris 

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